Le parti architectural
Le projet de reconstruction du lycée Jean-Marie Le Bris à Douarnenez s’inscrit dans une volonté de recomposer l’ensemble de la cité scolaire afin de lui redonner cohérence, lisibilité et qualité d’usage. L’intervention ne se limite pas à la simple reconstruction du bâtiment B et des locaux SEGPA, mais propose une véritable reconfiguration du site autour d’une nouvelle organisation spatiale et paysagère.
Le parti architectural repose sur l’implantation d’un nouveau front bâti au sud de la parcelle, structurant l’ensemble du campus dans un axe Est-Ouest. Cette disposition permet à la fois de clarifier les relations entre les entités collège et lycée, de protéger les espaces extérieurs des vents dominants et de créer une nouvelle centralité autour de la cour de récréation et des espaces sportifs. Le projet propose ainsi un ensemble bâti qui ne fonctionne plus en opposition avec l’existant mais dans sa continuité, contribuant à construire une image unifiée de la cité scolaire.
L’organisation spatiale du projet
Au cœur de cette composition, l’atrium constitue la véritable colonne vertébrale du projet. Pensé comme un espace de distribution mais aussi comme un lieu de vie, il structure les circulations et permet une lecture immédiate du fonctionnement du bâtiment. Largement ouvert et baigné de lumière naturelle, il met en relation les différents niveaux d’enseignement et les espaces collectifs, tout en favorisant les rencontres informelles entre les usagers. Cette organisation centrale contribue à simplifier l’orientation des élèves et à améliorer la fluidité des déplacements au sein de l’établissement.
L’organisation fonctionnelle
La répartition programmatique s’appuie sur une logique fonctionnelle claire. Le rez-de-chaussée accueille les fonctions les plus publiques : accueil, vie scolaire, foyer des élèves, salle polyvalente, restauration et certains espaces SEGPA. Les niveaux supérieurs regroupent les salles d’enseignement, les espaces administratifs et les locaux enseignants, tandis que le dernier niveau accueille notamment le pôle audiovisuel, dont les besoins spécifiques ont conduit à exploiter les volumes généreux de l’atrium. Cette stratification verticale contribue à la lisibilité générale du projet et à l’efficacité des usages.
L’internat, quant à lui, est conçu comme un espace plus domestique, organisé en unités de vie afin de créer une ambiance propice au repos et au travail personnel. Les chambres, pensées comme de petits logements, distinguent clairement les espaces de jour et de nuit. L’organisation autour de noyaux communs permet à la fois une surveillance facilitée et une certaine souplesse d’usage, répondant aux enjeux éducatifs et résidentiels propres à ce type d’équipement.
La restauration constitue également un élément structurant du projet. Son organisation repose sur une séparation claire des flux et sur une logique fonctionnelle rigoureuse respectant les principes de marche en avant. Le choix d’un self participatif illustre la volonté du groupement de proposer un équipement contemporain, favorisant l’autonomie des élèves tout en réduisant le gaspillage alimentaire et en améliorant les conditions de travail du personnel.
Architecture et matérialité
L’écriture architecturale du projet privilégie une approche sobre et pérenne. Les volumes, volontairement simples et compacts, permettent de limiter l’impact visuel du bâtiment dans son environnement pavillonnaire tout en optimisant ses performances énergétiques. Le recours à une structure majoritairement en béton assure la durabilité de l’ouvrage, tandis que l’emploi du bois en façade et dans les espaces intérieurs apporte une dimension chaleureuse et qualitative aux lieux de vie. Cette combinaison de matériaux participe à l’intégration du projet dans son contexte tout en affirmant une identité contemporaine.
Les ambitions environnementales constituent un autre axe fort du projet. La conception vise des performances énergétiques élevées, une réduction de l’empreinte carbone et une attention particulière portée au confort thermique et acoustique. La biodiversité est également intégrée comme un véritable élément de projet, avec l’installation de dispositifs favorisant la faune locale et une réflexion globale sur la place du végétal dans l’établissement.
Le projet paysager
Cette approche se prolonge dans le traitement des espaces extérieurs. La cour existante, largement minérale, est transformée en un paysage pédagogique et vivant. Le projet propose une désimperméabilisation progressive des sols, l’introduction d’espaces plantés, la gestion alternative des eaux pluviales et la diversification des usages. L’objectif est de créer un espace à la fois écologique, inclusif et appropriable par les élèves, où les fonctions de circulation, de détente et d’apprentissage coexistent.
Au-delà de la réponse fonctionnelle au programme, le projet cherche ainsi à proposer une nouvelle manière d’habiter la cité scolaire. L’architecture se veut discrète et au service des usages, laissant la place à un paysage central qui devient le véritable cœur du projet. Par cette approche, le groupement propose une relecture contemporaine de l’équipement scolaire, conciliant rationalité programmatique, qualité spatiale et engagement environnemental.